Défiscaliser en investissant dans les PME : le cas des FCPI et FIP


Indépendance financière, Investissements / mercredi, novembre 7th, 2018

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Qui dit fin d’année, dit recherche d’optimisation fiscale pour bon nombre d’imposables. Parmi la kyrielle de propositions, il existe deux véhicules d’investissements qui allie placement dans l’économie réelle (les entreprises), recherche potentielle de performance et défiscalisation.

Dans cet article, on va évoquer FCPI et FIP, deux fonds communs de placement à Risque (FCPR).

Tout d’abord, le Fonds Commun de Placement dans l’Innovation (ou FCPI) est un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), mis en place pour inciter les épargnants à investir dans les PME innovantes.

Sont appelées innovantes celles qui ont un pourcentage significatif de charges portées en Recherche et Développement. Les entreprises en question peuvent être localisées en France comme en Europe, et elles emploient moins de 2000 salariés.

Comment ça marche ? Le gestionnaire de fonds utilise la collecte réalisée pour acheter des parts d’actions non cotées des entreprises candidates (environ 70 à 100% du montant). Le solde, s’il y en a un, est investi en actions, en obligations, etc.

On a de l’autre côté le Fonds d’Investissement de Proximité (ou FIP), la proximité étant due à la répartition géographique sur 4 régions limitrophes. Les entreprises en question ont moins de 250 salariés.

Un FIP doit être composé au minimum de 70% de titres de PME éligibles de moins de 7 ans. Sont également éligibles les parts de PME de plus de 7 ans qui nécessitent un investissement supérieur à la moitié du chiffre d’affaires annuel moyen des cinq années précédentes, afin d’intégrer un nouveau marché géographique ou un nouveau marché de produits.

FCPI et FIP sont ouverts sur une année civile, avec le plus gros de souscription faites en fin d’année. Ensuite, le gestionnaire clôt la fenêtre de souscription et ouvre une nouvelle version de fonds l’année suivante.

Pourquoi je te parle de ces 2 fonds ? C’est en fait une alternative à l’actionnariat direct en non coté, tel qu’on peut le trouver en crowdequity.
Ici avec FCPI et FIP, l’achat est fait par un professionnel et de manière diversifiée, dans des entreprises un peu plus matures, ce qui peut mitiger le risque.
L’horizon est long terme, avec une perspective de potentielle croissance des entreprises investies.

Quel est le rendement potentiel ?
Passant par un professionnel, il y a forcément une part de frais à prendre en compte (entrée, constitution, distribution, fonctionnement…), ce qui grève le rendement.
La Cour des Comptes a publié un rapport révélant que le rendement moyen des FCPI était de -2,5% et des FIP -1%. C’est vraiment l’aspect défiscalisant qui rattrape la mise.

Fiscalité des FCPI et FIP

Avec la législation actuelle, la souscription des parts (hors frais d’entrée) fait l’objet d’une réduction d’impôts, à hauteur de 18% des versements nets, sur un montant plafonné 12000€ pour une personne seule (24000€ pour un couple). Soit 2160€ de réduction pour une personne seule et 4320€ pour un couple.

La possible montée à 25% de réduction d’impôts prévue dans la loi de finances risque de ne pas se faire en 2018 en raison d’un manque réglementaire.

Sous réserve de garder les parts achetées pendant 5 ans à partir de la date de souscription, il y a exonération d’impôt sur le revenu des plus values de cession de part et des dividendes générés.

Les FCPI sont éligibles au PEA et à l’assurance-vie, mais l’avantage fiscal sera sans doute perdu à l’entrée.

Il y a également des FIP spécialisés, « Corse » et « DOM-COM » avec des critères régionaux précis et qui boostent la réduction d’impot respectivement à 38 et 42%.

A retenir

Si l’achat de parts de FCPI/FIP t’intéresse, voici quelques automatismes à avoir,

  • Se renseigner un maximum sur le gestionnaire : son historique, les garanties qu’il présente, ses modalités de composition de fonds, les conditions de souscription, les frais d’entrée et de sortie, etc
  • Comprendre le potentiel du fonds : les comptes, les projections, les objectifs de placement des fonds récoltés, les entrepreneurs impliqués, etc… Ne pas céder au coup de coeur mais prendre le temps de peser le pour et le contre. Si ce n’est pas ce fonds qui aura les faveurs de tes finances, ce sera un autre ! Il y aura toujours des propositions.
  • Regarder le SAV du gestionnaire : chercher les avis, les retours d’expérience, Google sera ton ami…
  • Considérer l’avantage fiscal comme la cerise sur le gâteau : ce ne doit pas être ta première raison d’investir, au risque de t’inciter et de te précipiter sur le  premier projet venu.
  • Investir ce que tu es prêt à perdre : quelque soit l’achat de parts, le rendement est théorique, le risque de perte partielle / total est réel. En outre, le risque d’illiquidité est présent, c’est-à-dire que tu peux te retrouver avec les titres sur les bras à vie, sans possibilité de les revendre.

Je te suggère cet article de MorningStar sur les critères pour sélectionner un FCPI ou un FIP.

Est-ce que j’achèterai des parts de FCPI ou de FIP ? Pour le moment, non. Le seul avantage fiscal ne m’intéresse pas, je cherche du rendement avant tout.

Et toi, que penses-tu de cet outil d’optimisation fiscale ?